Comment devenir un aéromodéliste confirmé

Posté le : 07-04-2010 | Par : Seb | Dans : Humour

0

Salut à toi jeune modéliste. Tu es ici car toi aussi tu voudrais découvrir la joie de faire voler des petits avions dans le ciel, mais tu ne sais pas comment t’y prendre ? Pas de panique ! Tu as frappé à la bonne porte car je vais t’apprendre tout ce que tu dois savoir pour devenir un aéromodéliste confirmé.


La tenue

Avant toute chose, il faut savoir que le modéliste confirmé possède une tenue particulière qu’il ne faut absolument pas négliger. Cette tenue permet de te différencier du modéliste amateur et sache que l’apparence est un point crucial dans le modélisme.
Tout d’abord il te faut un tee-shirt, pas la peine d’en avoir 50, un seul suffit. Mais non, même après l’avoir porté une semaine complète il ne sentira pas la transpiration, sache que les fumées de méthanol ont la propriété de masquer les mauvaises odeurs de ton corps d’athlète. Prends cependant le temps de bien sélectionner ton tee-shirt, il doit être visible, comme un beau jaune pisse ou un fushia fluo, il faut absolument qu’on ne voit que toi sur le terrain car n’oublie pas que tu es un modéliste confirmé et que tout le monde doit avoir les yeux sur toi. Ton tee-shirt doit être sponsorisé, car les bons pilotes ont toujours des sponsors. Évite les tee-shirts Crédit Agricole gagnés au loto annuel du club de boules de ton village car tu passeras pour un guignol, il te faut un bon sponsor bien réputé comme Futaba ou Robbe qui sont des valeurs sures, tu peux même rajouter le logo FASST, ca fait style que tu es au top avec les meilleures technologies du moment. Évite à tout prix Multiplex, toi tu es bon pilote, tu ne fais pas joujoux avec des ventilateurs en mousse.
Maintenant il te faut une casquette, non ce n’est pas pour ne pas être ébloui par le soleil car le pilote confirmé n’est jamais ébloui par le soleil, c’est le soleil qui est ébloui par ton talent. Le bon choix est de rester coordonné avec le tee-shirt car toi tu vas jusqu’au bout des choses et tu as de la classe et du professionnalisme.
Voilà, tu es désormais correctement habillé.

L’avion

Le choix de l’avion est primordial et tu ne dois pas te tromper sous peine de rater complétement ta journée.
Il te faut absolument un avion de voltige traité maquette celà t’assure d’avoir un avion à la fois beau et difficile à piloter, tu verras, l’effet sera immédiat. Le choix de l’envergure est délicat car il faut qu’elle soit systématiquement plus grande que tous les autres avions du club. Oui forcément, tu es le meilleur pilote, il te faut donc le plus gros avion. Ne t’emmerde pas à le fabriquer toi même, tu prends un kit tout fait et tu dis à tout le monde que c’est une construction perso que tu as conçu de A à Z. De toute façon personne ne viendra chez toi pour vérifier. Pense cependant à retirer les autocollant « Graupner » ou « Jamara » collés par-ci par -là sur le fuselage et les ailes, ça t’évitera de te faire chopper, il y a toujours des petits malins qui ont l’œil dans ton club.
Pour la motorisation, tu n’as pas le choix, c’est obligatoirement un thermique car c’est compliqué, en effet il y a de la mécanique et pleins de vis partout à tourner dans tout les sens, tu verras ça fait toujours son effet sur le terrain et ça impressionne beaucoup les pilotes qui sont calés en mécanique.
N’achète surtout pas de carburant tout prêt, tu dois te le faire toi même et oui tu es un pro et les pros affinent toujours à la perfection les moindres détails, tu dois réaliser un mélange uniquement avec des pourcentages de nitro et d’huile que personne n’a jamais osé mettre, mais toi tu peux le faire car tu maitrises et tu sais ce que tu fais. N’hésite pas à dépasser les 50% de nitro, car comme en formule 1, ton moteur ne doit pas faire plus d’un après midi, c’est comme ça que ça marche quand on est un vrai professionnel.
Ne rode surtout pas ton moteur, c’est une perte de temps, tu le roderas en vol sur le programme imposé, ce qui te permettra de lâcher toute la puissance sur ton programme libre.
Un dernier détail, tu dois sponsoriser ton avion, l’avion est à l’image du pilote il doit en jeter un max, alors colle un maximum d’autocollant de tes sponsors préférés il faut que ton public voit que tous les sponsors sont avec toi car tu es le meilleur du monde.

La radio

Voici le dernier élément essentiel du pilote, sa radio ! Encore une fois, le choix est restreint, il te faut la plus chère, celle qui a 48 voies, une quadruple alim à triple émetteur auto-synchronisé à déphasage de bit sur une bande de fréquence que l’armée a spécialement alloué pour toi. Ne te casse pas à lire la doc, de toute façon ces radios sont toujours trop compliquées à utiliser, tu n’as besoin que des 4 voies de base.
Pense à bien lustrer les interrupteurs chromés, ils doivent briller pour être bien visibles, ça impressionne toujours une radio avec une multitude de boutons inutiles. Tu dois également charger l’accu de ta radio, n’hésite pas à mettre un courant de charge 10 à 100 fois plus élevé que la recommandation du constructeur, cela te permettra une charge express car je sais que tu n’aimes pas attendre. Une fois la charge terminée, tu es enfin prêt pour aller au terrain.

Le terrain

Il te faut une bagnole classe pour aller au terrain alors t’es gentil tu laisses ta BX au garage et tu vas chercher la BMW à papa. Ton arrivée sur le terrain doit être remarquée, alors n’hésite pas à adopter une conduite sportive, ça permet de signaler tout de suite que tu es un pilote qui maitrise n’importe quel type de machine.
Tu dois absolument éviter le parking, ça c’est pour les petits pilotes débutants. Toi tu vas sur la piste en bagnole pour décharger directement sur place, ca montre aussi que tu es privilégié et que t’es pas là pour rigoler, tu verras ça donne tout de suite une allure beaucoup plus pro.
Avant de décharger, tu dois laisser ton coffre ouvert afin de susciter la curiosité des autres membres qui seront déjà bien impressionnés. Ils viendront alors te dire bonjour, ne vas surtout pas les voir pour les saluer, c’est eux qui viendront, n’oublie pas qu’aujourd’hui la star c’est toi.
Après cette cérémonie d’ouverture, tu pourras déballer ton matériel et le monter. Non, tu ne montes pas ton avion tout seul, tu dois demander de l’aide aux autres membres qui seront fiers de pouvoir toucher de près à un avion de compétition. Bien sur ils te poseront pleins de questions, tu leur répondras que c’est une construction perso et que le matériel a été spécialement conçu pour toi par tes sponsors, n’oublie pas de parler de ton carburant. Si une question devient trop technique, tu dois tout de suite interrompre la discussion prétextant des techniques et mises au point top-secrètes.
Pense également à parler de l’histoire de l’avion grandeur, les membres apprécient les pilotent qui connaissent l’aéronautique, tu dois donner des dates et des anecdotes de l’histoire que tu auras plus ou moins inventées durant le trajet qui sépare ton domicile au terrain.

La mise en route

La mise en route est une étape importante à ne pas négliger, elle permet de mettre en valeur les talents et toute l’expérience du modéliste confirmé. Tu dois commencer par inspecter ton avion sous toutes les coutures, comme un vrai pilote car ton engin est une machine de précision et en tant que pilote confirmé tu ne laisses droit à aucune erreur et aucun défaut. Insiste bien sur les zones érogènes tels que les servos numériques dernier cri, les commandes en carbone et toute l’électronique embarquée. Tu dois en mettre plein la vue et pour cela l’électronique fait son petit effet, donc n’hésite pas à rajouter un peu plus d’électronique qu’il n’en faut, sache qu’un pilote confirmé ne met pas moins de 6 servos par aileron avec un couple de 20kg chacun c’est le minimum acceptable. Bien sur tu prendras les plus chères, ce sont les mieux. Inclus également des circuits électroniques que tu auras récupéré sur ton vieux Amstrad CPC 6128 que tu fixeras dans le fuselage, tu prendras soin de coller dessus « POWERBOX » écrite avec la Dymo, ca en jette un max.
Maintenant que tout le monde a été impressionné par l’équipement de ton avion il est temps de passer aux tests radio. Ce n’est pas nécessaire d’aller mettre ta pince sur la table de fréquence, je te rappelle que ta fréquence t’es spécialement allouée pour toi, tu peux allumer ta radio sans contrainte. Désormais tu dois effectuer un test de portée, oui je sais que ça ne sert à rien car tu as une radio de fou, mais il est important en tant que modéliste confirmé d’effectuer ces tests d’usage afin de montrer aux autres que tu sais prendre un maximum de précautions. Pour cela il te suffit de prendre ta radio et ton téléphone portable. Pourquoi ton téléphone portable ? Je te rappelle que tu as une radio au top du top qui possède une porté de 50km, il te faudra donc pouvoir communiquer avec un membre sur place pour te signaler que tes servos réagissent bien à tes commandes.
Le moment est venu de mettre en route ton moteur. Tu dois annoncer cette phase critique aux autres membres en leur demandant de bien vouloir s’éloigner car cela peut être très dangereux. Il est important d’exagérer les circonstances pour mettre en valeur ton caractère aventurier qui n’a peur de rien et qui maitrise la situation quoiqu’il arrive. Tu as besoin pour cette phase de mettre ton chauffe bougie en place et de lancer ton moteur avec un démarreur, le tout connecté à un « power panel », le terme « power panel » est très important et tu te dois de le prononcer correctement à l’américaine, cela te donnera une certaine classe. Il doit également être connecté à une batterie 12V de camion, je sais c’est lourd à transporter, mais il te faut beaucoup de puissance pour démarrer ton gros moteur.
Avant le premier coup de démarreur, tu dois sélectionner une personne qui tiendra ton avion durant le démarrage. Prends deux personnes au minimum car ton avion est très puissant.
Tu es prêt à démarrer ton moteur. S’il ne démarre pas du premier coup ne panique surtout pas, c’est normal, les moteurs qui démarrent au quart de tour c’est pour les débutants, toi tu dois te battre avec la mécanique et montrer que tu maitrises les situations de panne imprévues. Après avoir lancé le moteur pendant au moins 5 minutes il finira bien par démarrer, c’est à ce moment que tes talents de pro de la mécanique entrent en jeu. Tu dois tripoter toutes les vis de réglages plusieurs fois sans exception. Tu dois à chaque tour de vis synchroniser avec ta bouche des mots très techniques comme « c’est trop riche », « appauvrir le mélange », « prise d’air », « prise de pressurisation », « contre-pointeau », « boisseau », etc. Peu importe le contexte il faut simplement prononcer ces mots, cela suffit amplement à démontrer que tu es un pro de la mécanique. N’insiste pas trop non plus, de toute façon tu n’arriveras jamais à régler correctement ce moteur.

Le vol

Voici enfin arrivé le moment le plus important de la journée : le vol. Tu dois être à la hauteur car tes fans ne doivent pas être déçus, ils comptent beaucoup sur toi et ton pilotage exceptionnel.
Ton avion a été aligné sur la piste mais tu dois aller toi même le bouger de 10 cm pour montrer que tu es pointilleux, tu dois au même moment regarder la manche à air pour faire croire que tu cherches le placement idéal pour la meilleure prise au vent. C’est comme ça qu’on reconnait un vrai pro.
Tu es paré au décollage. La manœuvre est simple, il te suffit de pousser les gaz à fond, rien de plus. Je sais ça parait simple, trop simple, c’est pourquoi il va falloir compliquer la manœuvre pour impressionner dès le début ton public. En effet, dès que tu atteins une vitesse suffisante pour le décollage tu dois absolument enchainer une figure dont la complexité est maximale. Enfin pas trop quand même car tu ne dois pas crasher tout de suite sinon tu passerais pour un guignol. Pour être impressionnante, la manœuvre doit faire peur à tout le monde, toi le premier d’ailleurs, c’est là dessus que tu pourras (ou pas) avoir toute l’attention de tes fans qui ont à ce moment les yeux figés sur ton avion. Maintenant que le plus dur est fait, il te suffit de rester 5 minutes en l’air en mettant les manches de ta radio systématiquement dans les angles de manière complétement aléatoire pour donner l’impression que tes figures sont aussi rapides que spectaculaires. Aujourd’hui tu te dois de donner ton maximum car le public est ton public !

Le crash

Le crash est une phase de vol aussi importante qu’inévitable dans la vie du modéliste confirmé. Ne crois surtout pas que le crash rabaisserait les talents du modéliste, bien au contraire, c’est comme une sorte de consécration qui met fin à la vie d’un bel avion qui aura réalisé grâce à toi des vols uniques et talentueux.
Dans la plupart des cas, il s’agit d’une erreur de pilotage, mais tu ne dois absolument pas l’avouer car tu es un pilote expérimenté donc tu ne peux pas commettre d’erreur de pilotage. Pour cela il existe tout un tas d’excuses prévues à cet effet que tu dois absolument apprendre par cœur : top radio, panne de servo, casse de la structure, problème électronique. Surtout ne jamais justifier un crash par une panne moteur, car un pilote confirmé sait poser un avion sans moteur même dans les situations les plus délicates.
Lors du crash, ton attitude est très importante, tu dois te comporter en professionnel, ton visage doit laisser apparaitre la déception de ne pas avoir pu empêcher l’impossible, tu peux également prononcer des phrases types comme : « Malgré des tops radio et une panne électronique qui m’a privé d’aileron et de moteur, je me suis battu jusqu’au bout pour éloigner l’avion du public dans une zone sans risque car votre sécurité vaut bien plus qu’un avion ».
Tes fans seront alors en apothéose, ils iront d’ailleurs te chercher ton épave car tu seras désormais un exemple pour eux, mieux encore tu seras leur dieu du pilotage. En remerciement tu pourras leur offrir à chacun des morceaux de ton épave qu’ils exposeront alors fièrement sur leur étagère au dessus de leur lit. C’est à ce moment précis que tu mériteras enfin le prodigieux titre de pilote confirmé.

Et pour finir

Ça y est tu connais enfin tout les secrets pour devenir un pilote de modélisme confirmé. C’est désormais à toi de jouer, ou plutôt de piloter. Bon vol !

PS: toute ressemblance avec des faits ou des personnes n’est que pur coïncidence

Sébastien

Poster un commentaire

Vous devez être connecté pour poster un commentaire.